Et si on jouait au billard dans l’espace ?

Appréciation : 

Introduction

En m’amusant à imaginer comment on pourrait adapter différents sports dans l’espace (à bord de l’ISS par exemple), j’ai imaginé une nouvelle façon de jouer au billard en trois dimensions dans un environnement en apesanteur. Je vous détaille ici quelques réflexions sur ce nouveau sport. ;-)

L’environnement

Évidemment, il n’est pas possible de jouer au billard 3D à la surface de la Terre, le poids des billes les faisant tomber naturellement au sol. Il faut par conséquent être en apesanteur où tout l’environnement est en chute libre. Un endroit possible serait à bord de l’ISS (bien que je doute qu’il y ait l’espace pour y jouer). Pour pouvoir y jouer, il faut par contre obligatoirement de l’air : déjà pour que les joueurs puissent respirer facilement (c’est plus pratique de jouer si on n’a pas une combinaison encombrante), mais surtout pour conserver un phénomène de frottement sur les boules afin de les ralentir. Sans ces frottements, les billes une fois percutées ne s’arrêteraient jamais (ou dans très longtemps) et continueront sans cesse leur trajectoire dans le cube. Les seules sources de pertes d’énergies seraient alors les chocs avec les parois du cube ou avec les autres billes.

La table, ou plutôt le cube

La table de billard est habituellement une table rectangulaire de quelques mètres de côté. Ici, l’espace de jeu serait un cube de quelques mètres de côté (2×2×2 m par exemple). Comme au billard (anglais), il y a des poches mais vu qu’on est en trois dimensions, on en rajoute à chaque coin du cube, à chaque centre d’arête ainsi qu’à chaque centre de face, ce qui nous donne au total : 8 sommets + 6 centres de faces + 12 centres d’arêtes, soit 26 poches. Bien évidemment, il est aussi possible de jouer au billard français, mais faire toucher 3 billes dans un aussi grand volume serait quand même vachement plus difficile qu’en 2D.
Pour mieux voir à quoi ressemblerait l’espace de jeu, imaginez la structure du chlorure de sodium, NaCl (le sel de table quoi) si on transpose chaque atome par une poche du cube, le cube au centre servant de point de départ des billes :

Structure du NaCl et positions des poches du cube
Forme du cube si on transpose la position des atomes aux positions des poches du cube de jeu (source)

Les joueurs étant à l’extérieur du cube, les parois de celui-ci sont donc transparentes et avec des trous pour pouvoir passer les queues au travers afin de jouer.

Les billes

Au billard, on part d’un triangle de 15 billes. Ici, vu qu’on rajoute une troisième dimension, on part d’une pyramide de 35 billes (15 au 1er niveau, 10 au 2e, 6 au 3e, 3 au 4e et enfin 1 au dernier) que l’on place au centre du cube pour le début du jeu.
Il reste cependant un problème quant à la jouabilité du billard en 3D : en 2D les frottements entre les billes et la table permettent de ralentir relativement vite la bille pour qu’elle s’arrête. Dans l’espace et juste avec l’air, les frottements ne sont pas suffisants.
Une solution consiste alors à créer des billes massives identiques qu’au billard classique (quelques centaines de grammes) afin de conserver le transfert d’énergie cinétique au moment du choc (des balles en mousses absorberaient plus les chocs) mais de les créer avec une structure poreuse afin d’augmenter artificiellement la surface de contact entre la bille et l’air et donc les frottements. Un taux de densité des billes donnerait alors un coefficient de frottement ajustable suivant les difficultés du jeu : fortement freinées pour un jeu facile, faiblement pour un niveau plus difficile.

Forme de billes de billard 3D
Exemple de billes en céramique poreuse (source)

La réalisation de ces billes peut se faire à l’aide d’imprimantes 3D par exemple, l’avantage c’est que toutes les billes auront alors exactement les mêmes propriétés dynamiques dans l’air.

Le jeu

Cette section sera très rapide : les règles sont plus ou moins les mêmes qu’au billard classique. Il est possible de jouer à toutes les variantes en 3D moyennant peut-être quelques ajustements (taille des billes par exemple).

Conclusion

Voilà, je pense avoir donné les grandes lignes de mon jeu. Dans mon cas, le cube fait 8 m3 mais il est aussi possible de faire des volumes de jeu plus petits avec des billes aussi plus petites.
N’étant pas particulièrement bon en dessin, je laisse des personnes plus compétentes faire des vues d’artiste d’un tel jeu si ça en amuse. Vous pouvez les partager dans les commentaires de ce billet, je serai très curieux de voir ça. ;-)
En tous cas, j’aimerais bien voir un jour la réalisation d’un tel de jeu. Qui sait, dans quelques dizaines d’années, il pourrait accompagner les futurs voyageurs à destination de Mars pendant les plusieurs mois de voyages, de quoi les occuper un moment.

Si je trouve d’autres idées de sport ou jeux à réaliser dans l’espace, je pense que j’écrirai d’autres billets ici. À la lecture de ce billet vous me trouverez peut-être complétement fou, mais je trouve ça vachement intéressant et amusant d’imaginer des jeux en changeant radicalement de milieu pour voir comment ils pourraient s’adapter. Cela fonctionne aussi avec n’importe quel autre paramètre : par exemple que se passerait-il si on jouait au billard avec des billes de masse négative ?

Une autre idée de sport en deux mots…

On pourrait imaginer un jeu de pétanque dans l’espace (dans le vide total cette fois-ci).
Un premier joueur lance le cochonnet à la vitesse qu’il veut dans l’espace et ensuite et le jeu consiste à lancer les boules à une vitesse relative la plus proche du cochonnet. Faute de pouvoir s’en approcher vu que dans l’espace ils ne s’arrêteront jamais et que leur mouvement est uniforme et rectiligne, le gagnant est donc celui dont la boule s’éloigne le moins du cochonnet.

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Il y a 2 commentaires

Vu que la demande est nulle, la notion de prix d’un tel objet n’a pas vraiment de sens je suppose. :-)

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